Un détective comme les autres

Un détective comme les autres
Le détective privé

30 kilomètres de filoche en taxi






Je me rappelle que pour le début de cette affaire j’avais accepté une journaliste du magazine Marie Claire, avec moi pendant une matinée. La pauvre, c’est sous une pluie continue que nous avons travaillé ensemble, en banlieue Parisienne, avec rien pour s’abriter.

Et c’est aussi ce jour là que j’ai pu dire à mon client que sa femme préparait un voyage, car nous l’avions filochée jusque dans une agence SNCF, où elle était allée acheter des billets pour une destination que le week end suivant j’allais découvrir... 

Mais après ça l’invertueuse était allée chez son premier amant, qui habitait non loin de chez elle et où elle se rendait presque tous les jours. (celui ci était concierge dans un immeuble). 

Mon client me donna donc le feu vert pour suivre sa moitié, où qu’elle aille, mais une fois sur place et quoi qu’il s’y passe, je devais rentrer le jour même, question de budget de ce cher Monsieur. Surtout si celle ci allait retrouver sa tante, excuse que l’abeille lui avait donné comme raison de son petit week end en province.

Je crois que c’est un vendredi, en début de journée, après avoir été voir son concierge que la femme papillon a pris le RER en direction de la gare de Montparnasse.

Certaines personnes que je file parfois, s'évertuent, quand ils ont quelque chose à cacher, à me faire «des tours de sécurité», ce qui complique ma tâche... Et la coquine s’est amusée à jouer les souris au cas où, un gros minet serait derrière elle. Manque de pot, gros minet était bien là, mais plus malin que son cousin des Tex Avery. 






C’est une fois dans le TGV pour Nantes (à l’origine, d’après mon client elle devait aller dans le sud) que j’ai pu prendre un peu de repos tout en me demandant comment j’allais faire pour la suite des événements.

Arrivée en gare de Nantes, la Donzelle était encore sur ses gardes, mais s’est détendue quand elle retrouva l’homme brun et athlétique qu’elle embrassa furtivement sur la bouche et qui la conduisit jusqu’à sa voiture de société.


J’ai pu sauter dans un taxi en station et désigner à mon chauffeur la voiture à prendre en filoche qui était encore coincée sur le parking par les badauds et leurs valises. Mon chauffeur impassible et sans l’ombre d’un air de surprise me dit juste:

- Je ne brûle pas les feux.

- Qu’à cela ne tienne, lui répondis-je. Et dans ma tête de          me dire, que les forces soient avec moi!








Et par chance, elles étaient avec nous les forces, car après plus de trente kilomètres de filature, un arrêt dans un supermarché et la traversée de deux ou trois bourgs, où j’ai bien cru y perdre mon flegme et virer le chauffeur dehors pour prendre le volant, nous avons logé le couple illégitime dans un studio hôtel, sans aucun charme et placé au fond d’une zone industrielle. Bonjour le romantisme!

Après avoir fait mon boulot de détective, de retour au taxi je téléphone au client pour l’informer de la situation... Celui ci voudrait bien que je reste pour le week end, mais il y a une voiture à louer, une chambre d’hôtel et les frais sur place qui l’effraient!!! Du coup c’est avec mon pilote imperturbable et sans un seul échange de mot autre que les indications géographiques que je lui ai demandé, que je retourne à la gare de Nantes pour prendre le prochain train pour Paris...

Une petite pensée pour Boris qui m’a donné un coup de main ce jour là, jusqu’au départ du TGV.



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