Un détective comme les autres

Un détective comme les autres
Le détective privé

Le comédien raté





Ça aurait dû être une superbe mission, intéressante à tous les niveaux, mais voilà, comme dans toutes les professions il y a le bon chasseur et le bon chasseur...

J'avoue que je pensais connaître mon collègue et si on me l'avait décrit comme je vais vous le dépeindre, j'aurais eu du mal à le croire...

On va commencer doucement pour arriver au nirvana de la connerie et du mauvais travail. Par contre je lui reconnais un certain talent d'artiste, raté, qu’il aurait dû être plutôt que de faire notre job qui finalement n'est vraiment pas fait pour lui.

Comme je le disais plus haut cette affaire aurait pu être très bien menée, car en somme toute simple, avec un gros budget pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions.

Mais voilà, il faut là encore un minimum de motivation quand aux moyens que l'on va mettre au service de la mission pour la mener à bien. 

Et ce n’est pas faute de le lui avoir dit ce dont on avait besoin. Mais non il a préféré faire des économies de bout de chandelle pour nous priver d'une voiture pour la planque au risque de voir l'objectif prendre l'autoroute pour une longue destination, qu'avec une moto on ne pourrait couvrir d'une seule traite...

Et ce qui devait arriver arriva. Un dimanche matin alors que mon très cher collègue était encore en retard sur le terrain, je me retrouve derrière notre protagoniste qui a failli me surprendre en sortant du parking où il avait l'habitude de se garer, au volant d'un 4X4 noir dont on ne connaissait pas l'existence, pour se rendre sur son lieu de travail. Arrivé là il commence à faire deux ou trois allers retours de son bureau à son véhicule pour y charger des cartons...

Puis nous voilà partis. On traverse un peu Paris pour arriver sur le périph qui nous lance sur l'A4 en direction de l'est...

Merde, merde, merde et re-merde, mon collègue n'est toujours pas là, bien sûr et seul avec ma moto je ne fais pas le rigolo.

Car évidement je n'ai pas le plein, (la veille au soir on était complètement bouré) et je comptais le faire dès l'arrivée du boss. C'est après environ cent cinquante kilomètre très en colère, croyez moi, que je lâche la filature avant de tomber en rade sur le bord de l'autoroute.

Je décroche le téléphone surexcité de colère pour appeler mon cher collègue et lui dit, tout en essayant de rester courtois ce que je pensais de la situation...

Mais pour tout vous dire, j'ai commencé à vous conter cette affaire par la fin, pour que vous appréhendiez le personnage comme il se doit.

Il faut reprendre l’histoire la veille au soir... alors que nous étions au restaurant, collés à la table de nos protagonistes, pour faire du renseignement, dans un établissement que je recommande à tous mais dont je tairai le nom quand même, vous comprendrez plus tard pourquoi...

Nous étions donc attablés à choisir ce que nous allions manger quand mon cher camarade commande une bouteille de vin. Je lui glisse alors qu'un verre suffira, on est un petit peu en train de bosser quand même et si l'on veut écouter et comprendre ce que disent nos protagonistes  il ne faudrait pas abuser des bonnes choses!!!

Mais non ne t'inquiète pas me dit-il ça va aller... Ok c'est ton affaire après tout et tu la gères comme tu veux...

Bref le sot n'arrêtait pas de me parler et du coup j'avais un peu de mal à entendre ce que nos gars disaient entre eux, mais si le patron en restait là, après tout je me serais fait une raison, mais non content de toujours me parler alors que je le lui faisais la remarque, il n'arrêtait pas de me demander ce que notre bande de conspirateurs se disaient... A un moment donné j'ai eu envie de lui coller dans la bouche pour qu'il la ferme toute la mie de pain de la corbeille sur la table!

De temps en temps j'arrivais quand même à marquer sur mon carnet quelques mots et presque phrases avant que sans que je ne m'y attende pendant le repas, le chef décide de prendre une autre bouteille de ce merveilleux vin Espagnol. J'ose encore lui demander s'il est sûr? Car après une bouteille à deux si on doit en avoir une autre, la filature qui doit suivre risque d'être d'un autre monde dans un autre monde pour un monde meilleur!!!

Gaston (Lagaffe) me ressort sa petite phrase: "mais non ne t'inquiète pas je gère." Ben oui c'est lui aussi qui va gérer ma conduite bourré pendant la filoche... Ben je n'aime autant pas y penser maintenant et vivra qui verra! Et vous me direz, je  ne suis pas obligé de consommer au risque de me consumer...

Alors que l'alcool finit par être plus fort que moi et que je commence à décrocher de la mission, je regarde mon alcool'ite  (à ne surtout pas confondre avec élite) en face de moi et de le voir dos au mur face à un couple à la table voisine, avec l'homme dos à lui et face à son amie.

L'imbibé a les yeux dans le vide, quand soudainement je le vois fixer la tête de l'homme qui lui fait dos... Et pourquoi? Que c'est il passé dans son cerveau baignant dans un jus de raisin Espagnol ce soir là, je me pose encore la question aujourd'hui...

Mais sans que personne ne s'y attende celui ci attrape le lobe de l'oreille du type et le lui caresse entre son pouce et son indexe de la main gauche...

A ce moment là, en ce qui me concerne, je ne sais pas encore si je suis en train de rêver sous l'effet de l'alcool quand je suis assurément réveillé par la stupéfaction de l'homme qui se retourne vers le dingue, pour lui demander ce qui se passe et par son amie plus agressive qui commence à engueuler le perturbateur qui justifie son geste plein de grâce, de douceur et de nonchalance, mais qui dans ce lieu avec cet inconnu était complètement incongru, en rétorquant au couple qu'il a eu une subite envie de lui caresser l'oreille car il l'avait trouvé très belle...

Etonné, mais pas désarçonné, le couple essaye de comprendre et questionne, interpelle?!
Puis la femme de lui dire: "si ça avait été drôle, on aurait pu rire!" Mais dans l'instant T,  ce n'était ni drôle, ni triste, ni dramatique, simplement complètement décalé et surtout comme tout le reste avec ce diner pas l'endroit ni le moment pour péter les plombs...

Le plus dingue c'est que toute l'attablée de nos cibles ne se sont aperçu de rien alors que nous étions collés les uns aux autres.

Quand nos objectifs sont sortis pour partir j'ai téléphoné à mon associé préféré, Zab, pour lui donner tant bien que mal car complètement bourré les plaques d'immatriculation des véhicules avant de dire à "Lagaffe" qu'il n'était pas question que je fasse de filature dans cet état et que je rentrais de suite chez moi. En temps normal j'aurai laissé la moto sur place et appelé un taxi, mais le lendemain nous devions de nouveau être sur nos gars qui ont été beaucoup plus sérieux que nous ce soir là.  

Ça c'est l'épisode du resto mais il faut savoir que tous les jours j’avais le droit à un nouveau  truc.

Comme je l'ai dit plus haut, tous les matins il était en retard et en plus d'être en retard, une fois il m'a fait le coup de se faire arrêter par les flics parce que ce con arrivait sur le dispositif par un sens interdit mais comme il ne fait jamais les choses à moitié, si je n'avais pas été là il aurait été embarqué direct au poste car en plus il avait oublié tous ses papiers permis etc...

Un autre matin à peine arrivé qu'il se fait remarquer (même si c'était déjà fait) par la maman d'une jeune femme qui passait tous les jours à la même heure sur notre trottoir et que le clown de service allait draguer presque à chaque fois qu'il la voyait. Sauf que cette fois la mère l’a chopé et lui a dit d'aller faire ce qu'il devait faire au lieu d'emmerder sa fille. Putain j'avais honte pour lui!!!

Et souvent, comme il ne supportait pas apparemment de rester calmement et discrètement en planque, vous n'allez pas me croire mais c'est vrai, il me faisait le filmer discrètement en train de faire le con sur le trottoir avec les passantes...

Et que faisait il? Et bien quand il voyait une fille qui lui plaisait il commençait à marcher près d'elle le plus naturellement possible, puis faisait comme s'il ne voyait pas le poteau en face de lui feintait de se le prendre en pleine face et de faire un bon en arrière en ayant l'air de s'être fait mal, quand parfois il ne tombait pas quasiment sur la femme... Evidemment la plupart du temps les gens compatissaient pour lui, alors que d'autres s'apercevaient de la supercherie et rigolaient... 

Bref voilà avec qui j'ai travaillé pendant deux semaines, week end compris. Je ne vous dévoilerai pas son identité ni le nom de sa boite qui n'est même pas en France en plus car sur le sol national il est fiché pour un délit qu'il a commis dans le passé... Mais je vous souhaite, si un jour vous avez besoin d'un privé, de ne pas tomber sur lui, sinon vous risquez de perdre votre argent...

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